20/08/2019 - CACHEMIRE


Le concert de Cachemire à Nantes au Ferrailleur est désormais COMPLET !



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Qui est la punk ?










y a 7 ans, Cachemire entrait dans le rock à coups de talons dans la porte, lançant par la même occasion un pavé dans la mare des puristes prouvant que celui-ci n’était pas l’apanage du phrasé anglais. En 2018, 2ème album dans la même veine « rockailleuse » et confirmation - s’il fallait encore en douter - que les 4 garçons n’étaient pas un accident. Un fétu de paille. Qu’on était plutôt sur un feu d’artifice.
Avec ce Dernier Essai, l’adage « jamais 2 sans 3 » pouvait-il alors se vérifier ? Ne ménageons pas le suspens et notre plaisir, la réponse est oui. Définitivement oui. Assurément oui. Et pardonnez ce jeu de mot « rugbylistique » des plus faciles, mais l’essai est bel et bien transformé (à l’instar de la chanson éponyme). Sublimé même.
Car on aurait pu croire que ce 3ème album sonnerait comme un ultime round, un dernier tour de piste, une épitaphe bien sentie qui ferme le band d’un « Allez vous faire foutre. Nous, on se casse ». Pas du tout.
Cachemire est là et bien là, ancré, avec toujours cette irrépressible envie chevillée au corps et au cuir de réveiller les consciences face à nos contradictions et aux enjeux colossaux qui nous attendent. Dans les guitares rageuses de « Je », le groupe dénonce l’égocentrisme - voire l’égotisme - de l’Homme et son petit « h » d’humanité. « Influenceur », au refrain galopant et entêtant, met le doigt sur notre société binaire, manichéenne, manipulatrice et manipulée derrière nos écrans de fumisterie. Quant à « Freeman », il nous interroge justement sur notre - pseudo ? - liberté d’agir et de penser. Mais au milieu de cette descente apnéique, des paliers de respiration avec notamment un chœur d’enfants (« Les Petits Poings ») et un cœur d’amour (« Plus Tu Me ») qui rappelle que dans le fond il n’y a que ça qui compte.
Plus que des messages moralisateurs, ce sont 14 courts métrages que le groupe nous propose de « regarder ». Parce que oui, Cachemire ne juge pas, ne donne pas de leçons. Mais il observe, constate, ressent et nous pose une question très simple : qu’est ce qu’on fait maintenant pour que la galère ne devienne pas épave ?
Et bien, on l’ouvre. On crie. On hurle. On se décomplexe. En force et en riffs. Les aficionados retrouveront le piquant, le sel, la pâte abrasive « punk rockienne » du groupe. Ça joue. Fort. Ça cadence. Vite. Pas de temps morts. Pas de relâchement. C’est nerveux dans l’os. Tendu dans l’artère.
Mais le curseur de la console est désormais un cran au-dessus. Pas dans la puissance. Dans la subtilité. Il y a de la malice dans ce Dernier Essai. Au détour d’une grosse guitare ou d’une batterie très tapée, une envolée de cordes, la rondeur de cuivres, le doigté d’un banjo ou encore les réminiscences d’un son 80’s. Fred Bastar a toujours ce gros grain poivré dans la voix mais désormais elle s’ouvre sur d’autres chemins. De traverse. Plus aigus. Plus hauts. Comme si elle s’assumait. Enfin. Ce 3ème album de Cachemire est un album d’amplitude. Les cages thoraciques des corps, les caisses de résonnance des instruments sortent des sentiers battus, se déploient et prennent la place qu’elles se devaient de prendre et ce, grâce aux arrangements plus audacieux d’un François Maigret « Shanka » de No One Is Innocent.
Ce Dernier Essai est donc loin d’être une esquisse. C’est un coup de maître dans le plexus. Et il donne, par la même occasion, un très bel aperçu du champ des possibles qui s’offre désormais à Cachemire. Parce que croyez-le, les 4 garçons n’ont pas fini de nous montrer qu’ils en ont sous le capot.
Cachemire, c’est du velours.




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